Temps forts

Introduction
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Vidéo de présentation de la conférence
00:01:49
Discours d'introduction
Par Guillaume Labeyrie, membre d'Isegoria 2017
Propos de l'intervenant
00:09:23
AVANCER, RECULER ou BIFURQUER ? Agnès Bénassy-Quéré sonde le public
00:10:43
Situation de la zone euro en 2017 :
La zone euro comporte 19 pays membres en 2017
00:11:17
Objectifs et risques de la monnaie unique :
Un taux de change fixe favorise la croissance en réduisant les incertitudes, de même que la stabilité monétaire préserve le pouvoir d'achat et redonne de la souveraineté monétaire aux Etats. Cependant, l'Euro se heurte aux divergences économiques des pays et incite à l'indiscipline budgétaire en protégeant les états des sanctions du marché.
00:16:18
Crise de la zone euro : à qui la faute ?
La chute de Lehman Brothers n'a été que le révélateur des failles de l'Euro, pourtant vertueusement géré par la BCE. Ces failles viendraient plutôt d'un défaut de coordination entre pays qui a laissé glisser l'endettement de certains ainsi que de l'absence des questions bancaires et budgétaires des traités.
00:20:15
Des progrès importants depuis la crise :
L'union bancaire renforce l'influence des régulateurs face aux banques et le fonds européen de résolution bancaire permettra de protéger les contribuables. La solidarité entre Etats de la zone Euro semble s'accroître comme le montrent les prêts à taux franco-allemands consentis à la Grèce. Enfin, l'Euro doit sa relative stabilité à Mario Draghi, qui a annoncé que la BCE ferait tout pour assurer la stabilité de la zone euro.
00:24:20
Le problème de coordination des politiques économiques n'est pas résolu
La coordination des politiques économiques pâtit de la lourdeur du Pacte de Stabilité ainsi que des procédures. De plus, les politiques budgétaires n'ont pas toujours cherché à corriger les déséquilibres conjoncturels et les pays excédentaires font peu preuve de solidarité.
00:27:27
Que peut-on-faire pour AVANCER ?
L'intégration budgétaire basée sur le modèle fédéral semblerait plus efficace que la coordination forcée, qui conduit certains gouvernements à mener des politiques non souhaitées par les peuples.
00:30:02
Un budget de la zone euro, pour quoi faire ?
Puisque la monnaie ne peut pas tout, un budget de la zone euro permettrait de gérer la dette en agissant tôt en cas de déséquilibre chez un pays et en émettant des euro-obligations permettant de réduire le coût de la dette pour les pays les plus endettés. Il permettrait également d'investir conjointement dans la croissance et la sécurité, mais aussi d'assurer le partage des risques macroéconomiques entre les pays.
00:36:04
Penser le projet avant les traités :
L'Europe souffrirait plutôt d'un manque de projets que d'un manque d'institutions. La question de réforme des traités ne devrait donc pas être systématiquement posée car beaucoup de solutions n'impliquent pas un changement de traités.
00:37:51
Le point de vue allemand :
Du point de vue allemand, chacun doit gérer son héritage et ne pas imposer ses déficits aux autres pays, un pays en déficit est forcément mal géré et doit être réformé, et les politiques de relance budgétaires ne sont pas efficaces. De plus, les allemands sont sensibles aux principes d'aléa moral et de subsidiarité, et attachent une forte importance au respect des règles.
00:40:56
Stabilité, solidarité et convergence : les trois dimensions nécessaires pour avancer.
Pour convaincre Berlin d'accepter les politiques de relance et de solidarité, il faudrait les associer à des d'incitations à réformer qui assureraient davantage de convergence.
00:42:00
Une union pour l'emploi :
Plus qu'une union bancaire et une union des marchés de capitaux, l'Europe doit être l'union des opportunités professionnelles. L'union pour l'emploi nécessite une convergence des marchés du travail, un "marché unique du travail", et des efforts accrus pour aider les perdants.
00:47:33
Le système américain d'assurance-chômage :
un exemple du traitement du chômage à l'échelle fédérale.
00:49:31
RECULER ?
Avant de commencer cette partie, Agnès Bénassy-Quéré échange avec les membres du public souhaitant reculer.
00:55:10
Les contours d'un Frexit :
Quitter la zone Euro permettrait de renouer avec les dévaluations compétitives et de financer le déficit par émission monétaire. Mais cette sortie impliquerait probablement la fin de l'Euro où le Franc se dévaluerait par rapport aux monnaies du Nord mais pas par rapport à celles du Sud, qui chuteraient avec lui. La conversion des contrats serait difficile et le temps de transition se heurterait à l'instantanéité des marchés.
00:59:23
Arbitrer entre compétitivité prix et pouvoir d'achat :
Une dépréciation de 20% du Franc engendrerait une inflation de 5%, soit 3600€ par an pour une famille de 4. Le gain de compétitivité du tourisme qui en résulterait se ferait au détriment de l'agriculture et de l'industrie. L' amélioration de la productivité semble alors plus efficace qu'une sortie de l'euro.
01:02:58
La souveraineté monétaire :
La souveraineté monétaire redonne le pouvoir de fixer les taux intérêt mais le taux de change reste soumis aux marchés en cas de taux de change flottant. En cas de change fixe, le Franc serait soumis aux mêmes problèmes que l'Euro. Elle permet d'échanger et de s'endetter en monnaie nationale à l'étranger, mais le Franc ne serait pas assez puissant pour cela. Enfin, cette souveraineté permettrait de financer les déficits par émission monétaire, mais l'inflation qui en résulterait nuirait à la compétitivité des entreprises.
01:05:21
Dettes en euro ou en franc ?
Les taux d'intérêts des obligations françaises augmenteraient fortement suite à une conversion forcée des dettes en francs. Les banques ayant un actif en francs mais un passif en euros pourraient éprouver des difficultés et les répercuter sur les PME.
01:08:50
La monnaie ne peut pas tout
Si les taux d'intérêts franco-allemands ont chuté avec l'euro, la monnaie ne peut pas tout comme le montre la divergence grecque : il y a beaucoup de choses à notre portée autres que la monnaie pour stimuler la croissance.
01:12:29
BIFURQUER ?
On pourrait envisager de modifier les règles budgétaires mais il est nécessaire de garder des règles et de ne pas faire confiance au marché. Annuler les dettes souveraines aurait un impact sur les épargnants et les contribuables. Changer le mandat de la BCE ne semble pas opportun au vu de son efficacité. Il serait judicieux de mieux exploiter les procédures de l'OMC avant d'envisager des politiques protectionnistes. Une représentation des peuples de la zone euro semble nécessaire.
01:18:03
La France : petit ou grand pays ?
L'influence de la France sur les échanges mondiaux semble moins évidente en dehors de l'Europe. La mondialisation étant terminée, la différence se fera dans le progrès technique et ce défi nécessite d'être bien armé.
Questions - Réponses
01:20:52
Pour relancer l'investissement, comment diriger les excédents allemands vers la zone euro ?
01:25:36
Certains pays européens n'ayant pas la monnaie unique ont une meilleure conjoncture que la zone euro, est-ce dû à ce choix monétaire ?
01:29:28
N'est t-il pas envisageable de sortir de l'euro sans sortir de l'Union Européenne ? Quel serait l'avenir de l'euro et de l'Union Européenne en cas de Frexit ?
01:32:31
Un travail commun sur l'enseignement, notamment des domaines innovants, est-t-il en cours ?
01:40:55
La politique d'assouplissement quantitatif menée par le BCE est-t-elle pertinente et utile pour résoudre les problèmes de la zone euro ?
Conférence Isegoria

Euro : avancer ou reculer ?

Agnès Bénassy-Quéré

Avril 2017
économie société
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Description

Il suffit de regarder une carte et l’évidence saute aux yeux : l’échelle pertinente pour faire entendre la voix de la France dans le concert des Nations est bien celle de l’Europe.
Pourtant les propositions politiques actuelles sont dans leur immense majorité très critiques si ce n’est hostiles, tant à l’égard de l’UE que de l’euro.
Nombre de spécialistes s’accordent sur le fait que l’union monétaire souffre de vices de construction en partie responsables de la situation actuelle.
Agnès Bénassy-Quéré, spécialiste des relations monétaires internationales et présidente-déléguée du CAE, viendra partager sa vision de l’euro.

Invité(s)

Agnès Bénassy-Quéré
Economiste, professeur à la Sorbonne, présidente-déléguée du Conseil d'Analyse Economique

Autres participants

Discours de Guillaume Labeyrie, membre d'Isegoria 2017

Paul Betmalle, membre d'Isegoria 2017

Enzo Martin, membre d'Isegoria 2017

Organisation et partenariat(s)

Évènement organisé par Isegoria et Audencia Business School

Évènement organisé en partenariat avec Audencia Business School

Informations pratiques

Date et horaire : 04 avril 2017 - 18h30

Lieu : Amphithéâtre Édit de Nantes, Audencia Business School

Modalités d'entrée : Entrée libre, gratuit

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