L'Education Nationale : un échec démocratique ?

Publié le 08 mai 2017 Société éducation

Que ce soit pour lutter contre les inégalités sociales, le chômage ou même le terrorisme, les dirigeants se tournent souvent vers l’éducation. Anthony Blair, ex-Premier ministre britannique affirme en 1997 que l’école sera le moyen d’effacer les clivages entre les classes, n’en déplaise à Pierre Bourdieu. Idem pour Néstor Kirchner, chef du gouvernement argentin au début des années 20001, mais aussi pour notre cher Manuel Valls qui, main dans la main avec Najat Vallaud-Belkacem, affirme au lendemain des attaques de janvier 2015 qu’il faut restituer une école plus autoritaire et qui soit le vecteur des valeurs de notre République2, comme un bon gouvernement de gauche qui se respecte.
Et … rebelotte : « Face aux multiples défis auxquels la France et les Français sont confrontés, l’école est le combat premier. Seule l’éducation pourra garantir la cohésion sociale et la prospérité de la France, offrir à chacun la possibilité de se réaliser grâce à une école plus juste et plus soucieuse de l’accompagnement comme de l’orientation de chaque élève. »23, Emmanuel Macron.
L’école occupe ainsi dans le discours politique, la place de souffre-douleur ou d’échappatoire, selon la manière dont le problème est posé, ce qui n’est pas étonnant puisque cela permet à la fois de se dédouaner et de repousser le problème, puisque le mandat sera terminé depuis bien longtemps quand apparaîtront les premiers fruits d’une quelconque réforme.
Pourtant, si le transfert facile de cette responsabilité placée sur les frêles épaules de notre système éducatif satisfait le peuple, c’est tout simplement parce que cela paraît logique : en effet, en fonction de la théorie de la psychologie de l’éducation qui vous plaît le plus, entre béhaviorisme et autres, au moins la moitié (et parfois beaucoup plus) de notre « personnalité » est le résultat d’une éducation particulière3.
Mais alors, pourquoi ça ne marche pas ? Avec cette équation, une « bonne éducation » devrait suffire à guérir tous les maux de la République… Un petit coup d’éducation civique, une pincée de mesures punitives, d’ici 15 ans la recette Valls aura porté ses fruits et réglé définitivement le problème du terrorisme et son nom restera gravé à tout jamais dans les esprits des Français comme celui d’un véritable héros de la Cinquième République.

Les réformes se tromperaient-elles de sens ?
Hannah Arendt affirme dans La Crise de la culture (Between Past and Future en V.O.) que trois mesures de réforme de l'éducation précipitent l’échec de notre système éducatif : la volonté d'enseigner une méthode plus qu'un contenu, le pragmatisme qui amène à la substitution du « faire » à « l'apprendre », et l'autonomie accordée aux groupes d'étudiants4.

Suprématie de la méthode

La méthode est aujourd’hui dans le système éducatif français, ce qui importe le plus, du Bac à Normale Sup. Intro, plan en trois parties, conclusion. Pourquoi ? parce que dans un contexte autre que scientifique, comment différencier les élèves ? Cela paraît plutôt évident, comment établir un barème quand il s’agit d’une copie d’histoire ou de litté et que les élèves font tous des choses différentes5 ? Même en maths, du moins au lycée, inscrire uniquement le résultat obtenu sans afficher la méthode utilisée enlève des points. Mais, me direz-vous, on ne doit pas séparer fond et forme, on nous l’a assez martelé, la place occupée par la méthode dans l’éducation a donc toute sa légitimité. Seul problème : la forme serait dans ce contexte le style par exemple, très peu valorisé dans le système d’éducation français, où l’art a peu sa place, contrairement par exemple aux Etats-Unis, où la créativité est beaucoup plus valorisée6. En effet, ce système de copie ternaire (ou pire, binaire, en fonction des profs), thèse-antithèse-malaise, n’est pas de l’ordre de la forme, mais de l’ordre de la structure. Et on a besoin de cette structure pour établir un barème pour pouvoir mettre une note, celle-ci étant finalement la seule chose qui compte.
Pour commencer, c’est faire preuve de mauvaise foi que d’affirmer que ce système de « méthode » facilite la notation, on se rappellera de la fameuse étude : sur une même copie de philo, la note variait de 3 à 17/20 selon les profs7. Ensuite, à force de structurer les dissertations, d’enseigner la méthode plutôt que le contenu (que ce soit au Bac ou plus tard, toutes matières confondues, faute de pouvoir deviner le sujet, on apprend une « formule qui marche à tous les coups », on s’entraîne, et ça paye), ne finit-on pas par structurer les esprits, et ce, dès le plus jeune âge ? A force de placer l’évaluation en priorité, le danger ne serait-il pas de contenir, voire limiter les esprits ?

Un système sans évaluation est-il possible ?

Examinons les faits : sans grande surprise, on va s’intéresser au fameux système éducatif finlandais. Le PISA, Program for International Student Assessment, est un programme qui mesure, à échelle mondiale, la réussite et le niveau scolaire d’élèves en fonction des pays (donc des systèmes éducatifs), en se basant notamment sur la lecture, les sciences en général, et les mathématiques, en fonction des études réalisées8. Voici un résumé de ce que l’on peut observer au sujet du système éducatif finlandais :

- Les finlandais commencent l’école à l’âge de 7 ans seulement.
- 30 % des élèves reçoivent de l’aide spécialisée pendant leurs 9 premières années d’école.
- Les élèves ne subissent aucune évaluation pendant les 6 premières années.
- Il n’existe qu’un seul test standardisé, et il est administré aux élèves de 16 ans.
- Difficultés d’apprentissage ou pas : les élèves apprennent dans les mêmes classes.
- Les classes de sciences sont limitées à 16 élèves pour qu’ils puissent faire des travaux pratiques à chaque période.
- Les élèves du primaire disposent de 75 minutes de récréation par jour.

Et les résultats parlent d’eux-mêmes :
- 66 % des élèves entament des études supérieures, le plus haut taux d’Europe.
- La différence entre les élèves les plus faibles et les plus forts est la plus petite au monde.
- 93 % des élèves réussissent leurs études secondaires.
- Depuis 2001, les jeunes Finlandais arrivent dans les premières positions des classements internationaux en science, lecture et mathématiques.
- La Finlande dépense en moyenne 30 % moins par élève que les Etats-Unis.
- Le système d’éducation est financé à 100 % par l’État9.

Et c’est sans parler du fait que la Finlande est toujours depuis quelques années dans le « Top 5 » des pays les plus « heureux » au monde, etc., vous voyez où je veux en venir.
Comme on peut le voir, réévaluer notre système afin de le rendre plus « autoritaire », selon la théorie adoptée entre autres par notre ex-Premier ministre et Le Pen23, n’est pas forcément la bonne solution.
La suppression des systèmes de notation serait ainsi bénéfique pour les élèves. Pourquoi ? Contrairement à ce que l’on pourrait penser, cette idée n’est pas le fruit d’un « progressisme-gaucho-bobo-hipster-vegan » mais est simplement tirée de thèses de la philosophie de l’éducation.
Pour citer Rousseau dans Emile ou de l’Education (1762), « [...] Songez bien que c'est rarement à vous de […] proposer [à l’élève] ce qu'il doit apprendre ; c'est à lui de le désirer, de le chercher, de le trouver ; à vous de le mettre à sa portée, de faire naître adroitement ce désir et de lui fournir les moyens de le satisfaire. » C’est un principe de base, certes idéaliste, mais sur lequel tous les philosophes qui traitent de l’éducation s’accordent.

Ainsi, il suffit de faire un tour sur Tumblr pour se rendre compte que tout système de notation « dégoûte » les élèves, et en particulier les enfants, de l’apprentissage scolaire. Même pas besoin d’étude, on se rappelle tous (plus ou moins), de la difficulté que l’on a à apprendre dans un contexte scolaire (notre système scolaire valorisant d’ailleurs la mémoire plus que n’importe quelle autre capacité mentale), tandis que l’on va se souvenir de certaines choses qui nous plaisent (un livre, un film, un évènement, les paroles d’une chanson) de manière limpide, sans pour autant avoir fait l’effort d’apprendre « par cœur ». Dans 100 ans, on enseignera sûrement des œuvres de rap à l’école… et les élèves détesteront ça.

Supprimer les notes invite l’enfant à apprendre, parce qu’il n’a plus rien à perdre. C’est sans même parler des méfaits de l’esprit de compétition qui se développe entre les élèves, qui certes motive à travailler, mais apporte une nouvelle dimension néfaste : la valeur que l’élève s’attribue se base sur sa propre réussite scolaire, et plus tard professionnelle avant toute autre chose, et je vous laisse juger des portées d’un tel phénomène10 (élitisme, abus de pouvoir, etc.).

C’est pourquoi les mesures de réformes gouvernementales visant à gommer les distinctions entre les classes seront intrinsèquement un échec tant qu’il y aura une évaluation, c’est-à-dire un système méritocratique (égalité des chances, rebonjour, les fils de profs te remercient11). Il faut donc pondérer ce discours hypocrite, si l’on fait le choix de conserver nos fameuses notes, l’éducation ne peut pas continuer à servir de bouc émissaire. D’ailleurs, pour en revenir à Anthony Blair qui a voulu établir un système d’éducation basé sur le mérite pour gommer les frontières entre les classes : « la part du revenu national accaparé par les 10 % les plus riches a bondi d’environ 15 % au cours de son mandat (1997-2007). »1

Faire ou apprendre, telle est la leçon

Selon Arendt, le deuxième écueil de système éducatif est le pragmatisme. On distingue quatre grands domaines au sein de tout système éducatif : le savoir, le savoir-faire, l'être et le savoir-être.
Le savoir : ce sont les connaissances intellectuelles. Observation, lecture, écriture, mathématiques, connaissances de l'Homme et de l'Environnement, méta-connaissances
Le savoir-faire : ce sont les compétences pratiques, la maîtrise par l'expérience de l'exercice d'une activité artisanale, artistique, domestique, intellectuelle ou sportive. Ces compétences s'acquièrent par la pratique d'une activité et par l'apprentissage d'automatismes moteurs, ce qui permet aux apprenants d'acquérir des compétences et des habiletés pratiques ou intellectuelles.
Le savoir-être : c’est la capacité de produire des actions et des réactions adaptées à la société humaine et à l'environnement : préservation, hygiène, empathie, contrôle personnel, comportement adéquat, respect, action collective, entraide, affirmation de soi, maîtrise, communication, gestion des conflits, etc.
L'être : c’est l'état biologique et psychique d'un individu : état de santé, de bien-être, de motivation, de confiance et de satisfaction des besoins naturels et psychiques (joie, plaisir, liberté, perception, reconnaissance, sécurité, justice, intégrité, authenticité, capacité, intimité, diversité, confort, créativité, affection, etc.)12.

Mais, méritocratie et capitalisme ont fait que, bien évidemment, n’étant pas payés pour réfléchir mais bel et bien pour produire, on a tendance à valoriser surtout, si ce n’est exclusivement, le savoir-faire en matière d’éducation.

Seul petit hic : à l’heure où capitalisme rime avec démocratie, le peuple ne fait pas que travailler, il vote, il s’exprime, et le pouvoir l’écoute, etc. Bref, vous l’aurez compris, un système d’interdépendance vieux comme Solon, et, n’en déplaise aux monarchistes, tout le monde est libre, tout le monde a « le pouvoir » (du moins à travers des représentants), tout le monde il est content.

Mais là où l’on retient surtout que tout le monde vote, on oublie souvent que tout le monde c’est n’importe qui. Avant de crier à « l’oligarchisme », réfléchissons. On entend de plus en plus, dans ce contexte d’élection, des gens s’emporter : comment ose-t-on ne pas voter ? L’abstentionnisme n’est désormais plus un des choix possibles du QCM électoral, ce n’est pas que l’on s’abstient, c’est que l’on ne « vote pas ». On est dès lors « indignes de vivre dans notre République », « on ne pourra pas se plaindre quand ce sera ‘‘insérer ici le candidat considéré par le locuteur comme le pire ’’ au pouvoir » et autres phrases alors proférées par les plus démocrates d’entre nous. Ce n’est pas que l’on ne profite pas d’un droit qui nous est donné, c’est que l’on ne remplit pas un « devoir » de citoyen (notion encore plus développée dans des pays où l’abstention est passible d’une amende, comme en Belgique ou en Australie). On remet (un peu) la faute sur ceux qui n’ont pas voté, parce qu’on n’ose même pas s’attaquer à ceux qui votent l’inimaginable : bien installés quelque part sur un éventail charmant, entre xénophobie et négationnisme, homophobie et antiféminisme, il y en a pour tous les goûts et toutes les couleurs, du moment que c’est du blanc.

On ne s’attaque pas à ceux-là, car on a du mal à se les expliquer. On connaît tous plus ou moins la citation d’Averroès (même Yoda l’a reprise)13 : “L'ignorance mène à la peur, la peur mène à la haine et la haine conduit à la violence. Voilà l'équation.14 En suivant cette logique (et je ne vois pas de raison de ne pas le faire, si on écarte les électeurs opportunistes), l’éducation est bien le seul remède au FHaine. Et par éducation je ne parle pas ici d’avoir lu les programmes, il faut distinguer information et instruction.

Mais quelle est donc cette éducation sur laquelle on se penche ici ? Le savoir, le savoir-être et l’être. En fait, tout sauf le savoir-faire, qui est pourtant la branche à laquelle on accorde le plus d’importance dans notre éducation, encore une fois pour la simple et bonne raison qu’elle permet de trouver un job et, conséquence directe et pas des moindres, de casser la croûte.

En effet, les capacités en jeu dans lorsque l’on est citoyen d’une démocratie ne sont pas les mêmes que celles que nous exerçons quotidiennement dans le cadre d’un travail.

Ainsi, si on prend par exemple l’enseignement au lycée (hors lycées pro) : d’après la logique explicitée ci-dessus, les matières qui sont les plus importantes pour ces trois branches de l’éducation (savoir, savoir-être et être) sont les sciences humaines, soit notamment la littérature, l’histoire et la philosophie. Or on peut affirmer sans prendre trop de risques qu’il s’agit là des trois matières les plus dénigrées par la société française d’aujourd’hui (j’allais ajouter « mis à part l’éducation sportive », mais non, celle-ci est obligatoire jusqu’en Terminale, là où la littérature l’est jusqu’en Première pour une grande majorité des lycéens ; et c’est sans compter également bien-sûr sur Audencia, l’école de la « culture », qui ne nous déçoit décidemment jamais).

Pourquoi, me direz-vous, devrait-on valoriser ces trois matières ? Parce que l’histoire permet de tirer des leçons des erreurs du passé (fascisme quand tu nous tiens) : savoir. Parce que la littérature apporte un enseignement ontologique : savoir-être. Enfin, parce que la philosophie permet d’apprendre à réfléchir : être. Sans ces trois piliers de l’éducation, on sait faire, mais sans réellement connaître. Or mettre un bulletin dans l’urne ou crier lors d’une manif, c’est pas compliqué, ça, tout le monde sait faire… Mais qui s’y connaît vraiment ?

L’éducation n’est plus, depuis 1791, date de l’apparition de la première instauration (brève, certes) du suffrage universel masculin (coucou les filles, plus que 150 ans), une affaire personnelle, familiale, étatique : c’est l’affaire de tous, de chaque individu, puisque nous représentons chacun une voix, qui ne compte pas plus que celle du voisin.

L’éducation de tous est la responsabilité de tous, depuis que le pouvoir a cessé d’être despotique. Même l’oncle Ben le sait, « un grand pouvoir implique de grandes responsabilités »15, et, le principe d’une démocratie, c’est que le pouvoir appartient au peuple. Alors peut-être que notre responsabilité réside dans l’éducation.

Mais comment faire ? On ne s’appelle pas tous Manuel Valls, et on ne va pas révolutionner l’éducation à travers des cours particuliers.

On peut commencer par faire une chose : on peut arrêter d’approuver certaines réformes qui se veulent « progressistes », qui en prônant une soi-disant « efficacité » révèlent un nivellement vers le bas, prédit dès 1961 par Hannah Arendt4. On peut essayer de fuir l’idée selon laquelle les sciences humaines sont inutiles, une perte de temps ; on peut arrêter de se plaindre avant qu’elles ne disparaissent définitivement.

Alors, à l’heure où l’on veut supprimer définitivement l’enseignement du latin et du grec ancien, pourtant déjà facultatifs16. A l’heure où la filière L représente tellement la « filière pôle emploi » que de plus en plus de grands lycées la suppriment de manière définitive. A l’heure où un Président de la République dénigre un chef-d’œuvre de la littérature française pour se rapprocher de son présumé électorat17. A l’heure où ceux qui forment une « élite » française, les écoles de commerces, ne jugent pas pertinent d’introduire ne serait-ce qu’une seule science humaine là où le sport est obligatoire.

Interrogeons-nous : quel est le dénominateur commun ? C’est que ça ne sert à rien. Il s’agit là d’enseignement jugés inutiles, car bons qu’à former des profs. Ce n’est pas utile, parce qu’on ne produit rien grâce à l’histoire, la littérature, la philosophie, etc. Parce que ça ne se bouffe pas, parce que ça ne se vend pas, parce que ce n’est pas considéré comme un service, un confort. Alors ça disparaît. Encore une fois, notre éducation se base uniquement sur ce qui est utile, c’est-à-dire ce avec quoi on va pouvoir trouver un emploi. Ainsi va la loi du capitalisme : pas le temps d’apprendre des trucs inutiles, le temps c’est de l’argent et l’argent c’est la vie.

Mais le capitalisme est le régime économique et juridique dans lequel nous vivons et qui dicte logiquement notre système éducatif ; que fait-on de notre régime politique, la démocratie, où, pour citer Lincoln : « c’est le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple » ?18 L’un ne va pas sans l’autre. Comment le peuple peut-il se gouverner s’il n’apprend que ce qui lui est utile, c’est-à-dire ce qu’il peut échanger contre de l’argent ? Combien de personnes peuvent se dire assez qualifiées pour pouvoir prendre une décision aussi importante que celle de déterminer de l’avenir d’un pays entier et, à l’heure actuelle, d’un continent entier ? Pour finir, on se rappellera de Platon, dont la pensée est à l’origine de notre système intellectuel dans sa totalité19, c’est-à-dire la manière dont nous pensons, tous autant que nous sommes, et qui dans sa cité avait choisi comme chef d’Etat nul autre que le philosophe-roi.

Ainsi, que fait-on de ce fameux « devoir de citoyen » quand on juge inutiles toutes les cartes que l’on a en main pour l’accomplir ? Si on veut continuer à parler de devoir, il faut cesser de se voiler la face et de croire que ce dernier se résume à glisser un bulletin de vote dans une urne, à lire un programme, ou simplement à s’offusquer contre l’extrême-droite. Parce que là où les extrêmes se rejoignent depuis toujours, là où ils sont le plus efficaces, c’est à travers la démagogie20. Un fasciste n’arrive pas au pouvoir dans une démocratie sans user de démagogie… et il n’y a pas de démagogie possible sans ignorance. Alors comblons-là, cette ignorance, avant que des fous21 ne s’en chargent.

L’éducation c’est aussi et avant tout la remise en question tout simplement ; alors on relira « la France moisie » de Philippe Sollers22, qui, presque 20 ans plus tard, crée comme un malaise, et on arrêtera de se demander pourquoi la France vire au bleu Marine, six mois après que les Etats-Unis ont pris, à la stupeur générale, une teinte orangeâtre.

 

Pour en savoir plus

1 – sur les réformes éducatives : « Ni le problème, ni la solution », Renaud Lambert et Allan Popelard, Le Monde diplomatique, octobre 2013 :

http://www.monde-diplomatique.fr/mav/131/LAMBERT/49674

2 – sur l’éducation en bouc émissaire du terrorisme : « C’est toujours la faute à l’école… », Gilles Balbastre, Le Monde diplomatique, juin 2015 :

http://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/BALBASTRE/53065

3 – sur la portée de l’éducation dans la construction de la « personnalité » d’un individu : par exemple Essai sur l’entendement humain de Locke (publié pour la première fois en 1689) ; et plus précisément l’article « L'idée d'éducation chez Locke et ses fondements empiriques » de Pierre Morère (2005) dans Revue de la société d'études anglo-américaines des XVIIe et XVIIIe siècles : http://www.persee.fr/doc/xvii_0291-3798_2005_num_61_1_2042

4 – sur La Crise de la culture d’Hannah Arendt : http://ergoteurs.unblog.fr/2012/05/30/la-crise-de-la-culture-dhannah-arendt/

Ou :

https://rauxcline-ledetour.blogspot.fr/2012/09/fiche-de-lecture-la-crise-de-la-cutlure.html

Ou encore :

https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/hannah-arendt-et-la-crise-de-la-culture

5 – un barème de notation du bac en dissertation :

https://www.ac-grenoble.fr/disciplines/ses/Content/Pratique/terminal/epreuves/grilles/Tableau_de_reperes_d_evaluation_dissertation.doc.

6 – sur la créativité dans l’éducation aux Etats-Unis (notamment en littérature) : mémoire de Jennifer Plunkett Loiseau, La littérature française à l’épreuve aux Etats-Unis : évolutions en didactique du français (2008-2009) : https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00435060/document

7 – sur les copies de philo au bac, cet article de Nicolas Franck dans Libération, « Peut-on noter une copie de philo ? » (juillet 2010)

http://www.liberation.fr/societe/2010/07/06/peut-on-noter-une-copie-de-philo_664045

8 – sur PISA : http://www.oecd.org/pisa/

9 – sur le système éducatif finlandais, cet article de Marie-Hélène Margelidon, publié en septembre 2004 pour la Revue internationale d’éducation de Sèvres : « Le système éducatif finlandais » : https://ries.revues.org/1548

10 – sur les méfaits de la compétition : Alain Badiou, L’hypothèse communiste (2009), Editions Lignes

ou sinon cet interview : http://www.versobooks.com/blogs/2826-corrupting-the-youth-a-conversation-with-alain-badiou

ou cet article de Fabrizio Butera, Céline Darnon, Céline Buchs, Dominique Muller, « Les méfaits de la compétition : comparaison sociale et focalisation dans l’apprentissage » : http://www.lip.univ-savoie.fr/uploads/PDF/567.pdf

11 – sur un « capital culturel » ou comme on dit aujourd’hui « inégalité des chances » : La Distinction. Critique sociale du jugement de Pierre Bourdieu (1979) ou cet article pour se faire une idée :

https://www.ac-grenoble.fr/disciplines/ses/Content/Pratique/terminal/specialite/bourdieu.pdf

12 – sur la définition de l’éducation, il s’agit de celle adoptée par l’Education Nationale elle-même, comme on peut le lire par exemple à travers ce bulletin officiel présentant le programme en EPS pour les lycées, datant de 2010 :

http://media.education.gouv.fr/file/special_4/73/3/education_physique_sportive_143733.pdf

13 – https://www.tenor.co/view/yoda-anger-hate-suffering-starwars-gif-4977234

14 – Cours intéressant de Makram Abbès de l’ENS de Lyon sur Averroès :

https://www.canal-u.tv/video/ecole_normale_superieure_de_lyon/averroes_le_philosophe_et_la_politique.5404

15 – https://www.tenor.co/view/spiderman-responsibility-gif-4589950

16 – sur l’importance de l’enseignement du latin et du grec, un article tiré du Monde et datant de décembre 2015

http://focuscampus.blog.lemonde.fr/2015/12/30/latin-grec-ce-quapporte-letude-des-humanites-lhumanite-justement/

17 – sur Nicolas Sarkozy et La Princesse de Clèves, ou pourquoi c’est grave (si on l’étudie, c’est quand même pas pour rien…) : une vidéo d’ARTE de la rubrique « Personne ne bouge » https://www.youtube.com/watch?v=aS7_XRUU_68

18 – Le discours d’Abraham Lincoln, récité le 19 novembre 1863 à Gettysburg : https://www.franceinter.fr/emissions/les-oubliettes-du-temps/les-oubliettes-du-temps-19-novembre-2012

19 – sur Platon et son héritage, un article d’Ada Neschke-Hentschke publié en septembre 2012 pour le site « Etudes platoniciennes » :

https://etudesplatoniciennes.revues.org/271?lang=en#ftn1

+ texte intégral de La République de Platon :

http://ugo.bratelli.free.fr/Platon/PlatonRepublique.pdf

20 – sur la démagogie, Politique d’Aristote : texte intégral à

https://fr.wikisource.org/wiki/Politique_d%E2%80%99Aristote (chercher 395, 397, 401, 403)

21- https://s-media-cache-ak0.pinimg.com/originals/c4/f1/a0/c4f1a07bf77c204e457d45171f74eae2.jpg

22 – La France moisie de Philippe Sollers, publié pour la première fois par Le Monde en janvier 1999 : http://www.philippesollers.net/la-france-moisie.html

23 – Et enfin, pour se faire une idée de ce qui nous attend : https://en-marche.fr/emmanuel-macron/le-programme/education, et https://www.marine2017.fr/wp-content/uploads/2017/02/projet-presidentiel-marine-le-pen.pdf (p.16)

Mira Grgic
Membre de l'équipe Isegoria 2017