Star Wars : Rogue One, la critique Isegoria

Publié le 31 janvier 2017 Cinéma

Que dire en introduction de cette critique de Rogue One, A Star Wars Story ? Même la rédaction d'une critique est un grand défi lorsqu'il s'agit de s'attaquer à la saga la plus monumentale de l'histoire du cinéma de science-fiction. 
Mais cette fois-ci, Rogue One n'englobe pas seulement l'univers de George Lucas, mais aussi le Star Wars Extended Universe tout entier. Depuis Star Wars : La revanche des Siths, qui n'avait pas fait l'unanimité, les adaptations se sont multipliées. Dessins animés Clone Wars, jeux vidéo, comics... L'univers étendu n'a jamais été aussi complet. Et dans cette multitude d'événements éligibles à une adaptation cinématographique, les studios Disney ont choisi l'escadron Rogue One.
Ce film est le premier d’une série de films annexes, ou spin-off, réalisés par Disney sur la saga Star Wars.

Rogue One est un escadron de la flotte rebelle qui fut notamment impliqué dans les batailles de Hoth et d'Endor. Associé à des noms comme Luke Skywalker ou Wedge Antilles, ce spin-off raconte pourtant l'histoire de l'obtention des plans de l'étoile de la mort, ces mêmes plans que l'on voit apparaître depuis Clone Wars, ou Star Wars 2.
Et ce film est une complète réussite.
Je l'ai dit, lorsque l'on s'attaque à Star Wars, il est difficile de proposer quelque chose que nous spectateurs ne devons pas immédiatement comparer ou associer à la saga en cours. Un défaut à éviter aurait également été de complètement se dissocier de ce qui s'est passé dans la trilogie originelle. Dans Rogue One, la saga a été très bien respectée. D'une part, il n'est pas nécessaire d'être incollable sur Star Wars pour comprendre qui est qui et quels sont les enjeux. D'autre part, les connaisseurs seront très heureux. De l'apparition furtive du sénateur Organa, à certains eastereggs, en passant par la modélisation incroyable de Tarkin et de Léia, et l'ambiance générale du film, tout respire Star Wars, au même titre qu'un grand volet de la saga. Difficile de s'étendre sur le scénario. Solide, haletant par moments, il est parfaitement adapté à un one-shot et est un parfait prequel à l'épisode 4. 

"I'm one with the Force, and the Force is with me".

Les nouveaux personnages peuvent être adorés comme incompris. Le fait que tout l'escadron présenté, sans exception, meurt pendant le film peut paraître décevant, mais se révèle en fait parfaitement logique. Bien que ces personnages soient badass et attachants, le spectateur n'a pas réellement le temps de se lier à eux du fait de la mort progressive de tous les membres l'escadron. 
Pourtant, avec du recul, leur mort ne fait qu'élever leur importance et leur gloire, alors que cet escadron s'est formé telle une Star Wars's Suicide Squad. Un pilote déserteur de l'Empire, fidèle serviteur de la cause rebelle, JynErso, fille d'un scientifique impliqué de force par l'Empire dans la construction de l'étoile de la mort, Chirrut et Baze, deux inséparables, et un droïde reprogrammé : chacun de ces héros apporte sa pierre à l'édifice, et chacune de ces pierres est inédite dans Star Wars. Contrairement à Star Wars 7, on ne peut comparer ces personnages avec ceux qu'on a déjà vus précédemment dans la saga. Certes, certains d'entre eux sont assez clichés, mais ils se fondent à la perfection dans cet environnement de guerre et de tension intergalactique. De plus, beaucoup de nouvelles planètes et de nouvelles races nous sont présentées tout au long du film. J'ai particulièrement aimé la scène où on peut voir une immense statue Jedi détruite et s'enfouissant progressivement dans le sable, et donc dans l'oubli. 

Ce film n'est pas qu'une "Star Wars Story", c'est un voyage passionnant dans l'univers tout entier de Star Wars.

Quant aux méchants, ils ont toujours été impressionnants dans la saga. De Maul à Dooku, de Palpatine à Tarkin. Ici, l'Empire est de retour, plus puissant que jamais. Bien sûr, comme teasé dans la bande-annonce, le plus grand méchant de l'histoire du cinéma, DarkVador, is in the place. Les quelques scènes où il se montre sont pratiquement déjà cultes. Sa forteresse dans la lave qui nous rappelle Mustafar, la seule apparition de sabre laser du film, que je ne souhaite pas spoiler pour que vous en profitiez à 100%. Il est LA figure de l'Empire : l'ombre, la menace qui plane sur la Rébellion durant tout le film. 

Pourtant, Rogue One évite l'analyse manichéenne de Star Wars comme il est possible de le faire avec la trilogie originelle. Même si on distingue les deux blocs, certains personnages nuancent leur opposition. La relation entre Cassian et Jyn est l'une des plus intéressantes : Jyn met en doute la légitimité des décisions du clan Rebelle, et cela affecte progressivement Cassian, qui est pourtant l'archétype du soldat Rebelle qui a tout sacrifié pour cette cause. Son comportement évolue tout au long du film et tourne autour des actions de Jyn. 
La claque est également visuelle. Je trouve la 3D utile, notamment pour les scènes de destruction massive causées par l'étoile de la mort, scènes qui m’ont tout particulièrement marqué. Pendant Star Wars 7, j'avais été impressionné par la scène de génocide après l'utilisation de la nouvelle arme du First Order. Le regard sur le visage des victimes, l'ambiance sonore et lumineuse de l'instant. Les premières démonstrations de la puissance destructrice de l'étoile de la mort sont assez similaires et sont aussi bien réussies. La destruction de Jedha City est remarquable. Le moment où SawGuerrera se rend compte de l'échec de sa vendetta contre l'Empire et de la supériorité immense de l'Empire sur la Rébellion, nous laisse l'impression que tout le monde est condamné, et que le "nouvel espoir" de l'épisode 4 n'existe pas, ou plus.

En conclusion, si vous découvrez Star Wars, ou si vous êtes un inconditionnel, allez voir ce film. Ce voyage dans l'univers de Star Wars vous fera découvrir son incroyable diversité, une histoire et des personnages qui ont tout à fait leur place sur grand écran.

L'univers étendu de Star Wars est rempli d'histoires qui mériteraient d'être adaptées au cinéma. Bien évidemment, nous faisons tous confiance à Disney pour qu'ils surfent sur la vague de cet univers pour en adapter les épisodes les plus croustillants et rentables. The Old Republic, The Clone Wars, la 501ème, d'autres épisodes sur la Rébellion, le champ des possibles est immense et pourtant, le prochain film prévu sur la liste est un spin-off sur Han Solo. Le choix est compréhensible, mais il se pourrait que les promesses de Disney finissent par décevoir les fans de Star Wars si les réalisateurs se mettent à surexploiter la franchise. J'étais à priori sceptique par rapport à cet enchaînement de films mais Rogue One m'a clairement rassuré sur ce point. Ce film est la preuve que Disney est capable de grandes choses avec cette franchise et je leur fais déjà un peu plus confiance pour la suite.

Nos grand-parents, nos parents, nous-mêmes et les prochaines générations ont été, sont et seront bercés par Star Wars… Le risque auquel est confronté Disney est de banaliser Star Wars. Mais la qualité de Rogue One doit nous laisser espérer que Star Wars restera culte grâce à eux.

Alexandre Weber
Membre de l'équipe Isegoria 2018